PORTE OUVERTE #17

05.08.2016 Johanne Rod

Parcours Académique : Khâgne, Sciences Po Rennes.
Période de temps en Amérique Latine/Équateur : 10 mois  dont 6 mois de stage au Ministère de l’Agriculture et 3 à l’Assemblée Nationale de l’Équateur.

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Pourquoi as-tu choisi de partir en Équateur ? Quelles ont été tes premières impressions lors de ton arrivée ?

C’est un choix qui s’est construit… Je suis partie dans le cadre de ma troisième année d’étude à Sciences Po Rennes, j’avais donc à choisir ma destination en deuxième année. À ce moment, je n’avais pas en tête l’Équateur spécifiquement, mais je savais que je voulais aller en Amérique latine, continent qui cristallisait mes rêves depuis quelques années déjà…C’est en cours d’année, lorsque je préparais un exposé sur la politique et les réformes de Rafael Correa, le président de la République d’Équateur, que le déclic s’est fait. Le pays me semblait extraordinaire, petit certes mais magnifique et complet (côte pacifique, Sierra, Amazonie) et surtout j’étais enthousiasmée par l’étude que j’avais faite du contexte politique en cours… il me fallait le voir de mes propres yeux ! J’ai donc prospecté pour des stages et m’en suis dégoté un de six mois au sein du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Aquaculture et de la Pêche, à Quito, capitale d’Équateur.

Mes premières impressions… des gens d’une gentillesse ! Bon, à vrai dire, et je pense que tout expatrié peut en témoigner, au début je me suis sentie un peu perdue. Il faut trouver un logement, un forfait téléphonique, essayer de visualiser la ville et de s’y repérer, tout cela sachant que beaucoup d’usages ne sont pas les mêmes que chez nous, etc. Mais j’avais la chance d’avoir rencontré une Equatorienne de mon âge à l’ambassade d’Équateur à Paris et dont la famille m’attendait à l’aéroport de Quito quand je suis arrivée. De cette même famille, je me suis liée d’amitié avec la cousine qui m’a grandement aidé à trouver un appart. En fait, ce fut plus simple que ce à quoi je m’attendais, et je dois cela à la gentillesse et l’amabilité des Equatoriens, qui m’ont accueillie et traité chaleureusement depuis le commencement et ce jusqu’à mon départ du pays. Ah ! Autre détail qui rend plus pénible encore le stress de l’arrivant : l’altitude ! 2 500m d’altitude, on s’y habitue vite, mais au début ça tape ! Quelque chose que je trouve décontenançant pour un Français aussi : la perception du temps. En Équateur, si la personne qui vous a donné rendez-vous a une ou deux heures de retard, pas d’inquiétude, c’est normal…De même au travail, les horaires sont plus laxistes, quitte à rester au bureau plus tard le soir !

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La côte pacifique avec ma seconde famille.

Qu’as-tu fais en Équateur ? Quelles ont été tes activités/études/professions là-bas ?

J’y ai réalisé deux stages, un premier de six mois au sein du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Aquaculture et de la Pêche et un second à l’Assemblée Nationale de la République d’Équateur. Le premier stage m’a permis de beaucoup voyager parce que je travaillais au Sous –Secrétariat de l’Élevage, qui s’occupait de la gestion des ventes et du traçage des bestiaux dans les ferias et les ventes aux enchères de chaque ville. Une équipe était alors envoyée sur place et j’en faisais toujours partie. Je suis aussi sortie de Quito lors de mon stage à l’Assemblée, dans un autre contexte que celui du travail cependant, puisqu’on m’a envoyé avec d’autres volontaires aider les victimes du tremblement de terre d’avril 2016, sur la côte.

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Johanne devant le volcan Chimborazo.

Ensuite j’ai aussi voyagé par moi-même, sur la côte en décembre quand j’ai eu des vacances et notamment en fin de séjour, car je m’étais réservé un mois pour parcourir l’Équateur. J’ai ainsi pu faire un peu de randonnée en haute montagne, me rapprocher des incroyables volcans aux sommets enneigés, tels que le Cotopaxi et le Chimborazo, et surtout, j’ai découvert un peu l’Amazonie. Le cas de ma visite en Amazonie illustre très bien le ton de mon séjour en Équateur : par le biais d’une amie rencontrée à Quito, mariée à un autochtone de l’Amazonie, j’ai pu passer quelques jours dans une communauté, être initiée aux mœurs, faire une randonnée en forêt, le tout accompagnée par un guide natif, dont l’expérience est nécessaire pour survivre dans la forêt vierge. En fait, il m’a suffi de saisir les opportunités, je ne sais pas s’il était question de chance, mais je conseille à quiconque souhaitant visiter l’Équateur, de faire confiance aux locaux, aux Equatorians, quant à leur avis sur les choses à voir, à visiter, et comment y accéder pour peu cher… De même manière, j’ai aussi eu la chance d’accompagner une mission de l’UNESCO dans le cadre du projet « du local au global » et de travailler ainsi avec les communautés autochtones « Indigenas » dans les régions les plus reculées de la Sierra, notamment avec les femmes, qui aspiraient à une reconnaissance de leur production agricole et de leur artisanat. 

Quelles sont selon toi les plus grandes différences entre la France et l’Équateur ?

La notion du temps, on est moins pressé, moins angoissé. L’amabilité des gens et leur joie de vivre au quotidien… les gens sont heureux ! Et en termes plus concret je dirais le climat… il n’y a pas vraiment de saisons en Équateur ! Pas d’hiver, pas d’automne…limite une saison des pluies… et la température change d’un lieu à l’autre en très peu de temps ! Il y a ainsi une diversité impressionnante de fruits, de légumes et légumineuses tout au long de l’année.

Qu’est-ce qui t’a manqué de la France ?

Le fromage !

Envisages-tu de rester là-bas/d’y retourner ?

Mais certainement ! Je compte même peut-être y vivre… À réfléchir… car il me reste tellement de pays à voir en Amérique latine ! D’ailleurs, je compte retourner dès l’année prochaine en Équateur, après avoir effectué mes six prochains mois de stage au Chili.

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Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent venir en Équateur ?

Surtout, d’être ouverts, avenants, là-bas les gens vous aiderons s’ils vous voient sourire ! Et ne pas trop se préoccuper du temps, de profiter de la variété incroyable des aliments et des paysages !

Un dernier mot pour la fin/la route ?

L’Équateur c’est super comme pays ! On n’y pense pas souvent parce que c’est un petit pays mais ça vaut vraiment le coup d’y aller. Merci beaucoup d’avoir recueilli mon témoignage, j’espère qu’il pourra être utile.

 

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