PORTE OUVERTE #15

08.07.2016 Luciana Mariscal de Souza

Parcours Académique :
2008-2009 : Études Génerales, Parkland College, Champaign, Illinois (États-Unis)
2009-2013 : Licence en Sociologie, Universidad Autónoma de Querétaro (Mexique)
2011 : Semestre d’échange, UniversidadComplutense de Madrid (Espagne)
2015 : Colegio de la Frontera Norte-Spécialité en Migrations Internationales
2015-2016 : Master 1, Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine-Université Sorbonne Nouvelle

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Pourquoi as-tu choisi de venir en France ? Quelles ont été tes premières impressions lors de ton arrivée ?

J’ai choisi la France pour différentes raisons, d’abord ma famille a un rapport spécial avec la France parce que mes parents ont fait leurs études ici et ils me parlaient toujours de leurs expériences et cela me donnait envie de venir en France et d’y faire les miennes. De plus, la sociologie française est très importante et comme j’avais toujours étudié les auteurs français au Mexique, pour moi, partir en France était une très bonne idée afin d’approfondir mes connaissances dans la matière. J’ai eu beaucoup d’impressions dès mon arrivée. Je pense que la chose la plus étonnante a été la façon de « se socialiser ». Au Mexique et au Brésil la façon de parler avec l’autre est très spontanée et quand je suis arrivée, j’ai vu que faire des connaissances, ici, était plus difficile. Je ne crois pas que la langue soit le facteur principal, d’après moi ici les gens prennent beaucoup plus de temps à s’habituer les uns aux autres.

Que fais-tu en France ? Quels sont tes activités/études/professions ?

Je fais mon Master en Études de l’Amérique Latine à l’IHEAL dans l’Université Sorbonne Nouvelle. J’aime bien l’IHEAL parce que les étudiants et les professeurs ont une sensibilité différente du reste de Paris, ils sont conscients des choses qui se passent en Amérique Latine et ailleurs et pour moi l’IHEAL est mon petit coin latino-américain. À l’IHEAL je travaille sur la migration. Quand j’ai vécu aux États-Unis, j’ai connu beaucoup de Mexicains sans papiers et j’ai remarqué que nous avions des vies bien différentes. J’ai constaté, en effet, qu’ils travaillaient tout le temps, toujours dans la clandestinité, dans la crainte constante d’être arrêtés alors que , moi, je faisais ce que bon me semblait. Ils n’avaient pas le droit d’avoir une vie normale comme moi et cela me révoltait énormément car je déteste l’idée qu’une nationalité et un statut économique déterminent notre avenir… Je m’intéresse aussi à tout ce qui concerne l’égalité hommes/femmes, la violence de genre, la sexualité, etc. Quand j’étais au Brésil j’ai travaillé dans une organisation qui accueillait des prostitués et ex-prostitués et qui les aidait à apprendre des métiers et à avoir des moments de qualité en dehors de leur travail. Donc, j’aimerais aussi un jour faire des recherches sur la prostitution au Brésil. Quand on est dans un pays étranger il est difficile de trouver ses propres espaces d’action, mais j’ai commencé à trouver des espaces qui m’intéressent. En avril, j’ai participé à l’Antenne jeune d’Amnistie internationale à la Cité Universitaire et pour l’instant je me sens très bien accueillie par l’équipe.

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Quelles sont selon toi les plus grandes différences entre la France, le Mexique, et le Brésil ?

Il y a beaucoup de différences entre la France, le Mexique et le Brésil. Je trouve que là-bas les inégalités sociales sont plus flagrantes. C’est vrai que chez nous au Mexique ou au Brésil nous pouvons les ignorer en fermant les yeux dessus (et je connais plein de personnes chez moi qui font ça). Ces inégalités sociales semblent moins présentes ici, du moins elles semblent se présenter sous d’autres formes. Il y a beaucoup de choses que j’adore en France aussi. En tant que femme, je me sens plus tranquille ici, les gens sont plus respectueux. Par ailleurs, il me semble qu’ici nous avons le droit d’être différents, d’avoir des points de vue divergents alors que dans « mes deux pays » je trouve que si l’on est un peu différent on est considéré comme des gens antisociaux. Et en tant que femme aussi, si on est indépendante, il y a quand même plusieurs personnes qui pensent que c’est un défaut. Donc, même si au Mexique et au Brésil il y a plus de libertés dans certaines choses, ici, en France je crois que la liberté d’esprit est impressionnante.

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays?

Évidemment, la chose qui me manque le plus c’est ma famille du Mexique et du Brésil, la nourriture, le soleil ( !! ), et mes amis.

Envisages-tu de rester en France ?

J’aimerais faire un doctorat ici en France donc je pense que je vais rester au moins jusqu’à l’obtention de ce diplôme, après je ne sais pas. Une chose que j’ai comprise de la vie c’est que nous pouvons essayer de choisir notre parcours, mais à la fin la chance a beaucoup plus de poids que tous nos plans.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent venir en France ?

D’abord, je dirais qu’il faut bien étudier le français et pas seulement la langue, mais essayer de comprendre la culture française afin de ne pas être surpris à notre arrivée. En même temps, je conseillerais d’être plus courageux et d’essayer de ne pas être timide (même si c’est difficile). Finalement, je dirais qu’il est important d’être toujours fiers de nos racines : Mexicains, Brésiliens, etc., mais il faut essayer d’intégrer des éléments de la culture française qui est très riche. Bref, d’avoir une ouverture d’esprit parce que même si nous sommes différents, nous sommes tous les mêmes.

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